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ActualitésBiomasse

Le bois pollue-t-il ? Analyse du rapport INERIS et du CITEPA.

Décryptage

Le bois émet trois fois moins de polluants que le SECTEN ne l’estime.

Le rapport SECTEN est le “rapport de référence” présentant en détail les émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques en France, depuis 1990, par secteur et sous-secteur. Ce rapport est remis en question par d’autres études notamment concernant ses conclusions sur l’impact du bois énergie, car il confond les émissions de polluants et la concentration des polluants.

Avis d’expert Janvier 2024 – Laboratoire CERIC « Qualité de l’air : quelle contribution du chauffage au bois aux émissions de PM2.5 ? »

Cette étude empirique offre une prise de recul sur le Secten du CITEPA et dédiabolise le rôle du chauffage au bois au niveau de la pollution atmosphérique.

Conclusions de cet avis d’expert :

  • Le SECTEN estime à 64 % la part d’émissions de particules fines PM2,5 issues du chauffage au bois domestique. Le laboratoire CERIC estime lui à moins de 22,4 % cette proportion.
  • La densité et l’accroissement du nombre d’appareils n’impactent que marginalement la concentration de particules.
  • La concentration de particules PM2,5 en hiver dans les grandes villes issues du chauffage au bois n’est que de 17% en moyenne.
  • La topographie des villes impacte significativement la concentration en particules.

Les documents sous-jacents citant le SECTEN à relativiser :

Guide Ademe - La pollution de l'air en 10 questions Guide ADEME - Tout comprendre sur la pollution de l'air INERIS - Inventaire des émissions du chauffage au bois domestique

Passages à retenir

Les émissions de polluants correspondent aux quantités de polluants rejetées dans l’atmosphère par les activités humaines (origine anthropique) et les émissions d’origine naturelle. Elles sont calculées par le CITEPA à partir des facteurs d’émission mesurés en laboratoire dans des conditions voulues « réalistes » et des estimations de taux d’utilisation des équipements concernés.

Les concentrations de polluants caractérisent la qualité de l’air que l’on respire (mesures des stations), et qui s’expriment le plus souvent en microgrammes par mètre cube (μg/m³). La concentration dépend donc de la quantité de polluants émise, mais ces polluants émis vont évoluer de manière variable selon leur origine, leur lieu d’émission (réactions, dispersion, dépôts…) et donc impacter de manière variable la qualité de l’air. 

L’objet de cette étude est donc de quantifier la part des concentrations de particules PM2,5 liée aux activités hivernales (dont le chauffage au bois domestique fait partie). Cette proportion de concentrations (réellement respirées dans l’air) représente une part inférieure aux estimations d’émissions établies par les organismes mandatés et reprises par les communications officielles.

Pour réaliser cette étude, les données de concentration de particules PM2,5 journalières sur 2 ans, issues de 89 stations d’analyse de qualité de l’air (soit près de 65 000 données) situées en France métropolitaine, ont été analysées. Ces données ont été collectées sur le site Geodair.fr.

(Avis d’expert CERIC – Janvier 2024 – page 2)

 

L’analyse de qualité de l’air des 89 stations permet de démontrer que les activités hivernales spécifiques représentent en moyenne 22,4% des concentrations de particules PM2,5 respirées. Compte tenu des autres activités émettrices de particules fines, on peut raisonnablement estimer que la part du chauffage au bois dans les concentrations annuelles de PM2,5 est sensiblement inférieure à 22,4%.

(Avis d’expert CERIC – Janvier 2024 – page 1)