Quel système de chauffage est le plus pertinent pour décarboner votre bâtiment ?
Quelle énergie émet le moins de gaz à effet de serre ?
Il convient de distinguer la pollution atmosphérique des émissions de gaz à effet de serre.
- La pollution atmosphérique désigne les gaz nocifs qui modifient la composition de l’air localement et qui nuisent à la santé des habitants et des écosystèmes. Ce sont les particules fines par exemple. Pour plus d’informations sur ce sujet, retrouvez notre comparatif : Est-ce que l’énergie bois pollue ?”
- Les émissions de gaz à effet de serre concernent les gaz présents dans l’atmosphère dont l’augmentation de la concentration contribue au dérèglement du climat (ex : le dioxyde de carbone CO₂ ou le méthane). Ici, nous aborderons ce sujet.
La biomasse fait partie des énergies les plus décarbonées selon le principe du cycle du carbone. A ce titre, elle a toute sa place dans le mix énergétique français afin de relever les défis de la Stratégie Nationale Bas Carbone.
Le solaire thermique offre un fonctionnement presque neutre en carbone
Sous couvert d'une gestion durable du cycle forestier, le bois figure parmi les énergies les moins carbonées pour le chauffage
Ci-contre : Facteurs d’émission de gaz à effet de serre des énergies pour le chauffage
La quantité de gCO₂e/kWh émise par le bois pour le chauffage est :
- 10,8 fois moindre que le fioul
- 7,56 fois moindre que le gaz
- 4,9 fois moindre que l’électricité
Les émissions d’une pompe à chaleur varient en fonction de sa consommation d’électricité.
Sources : https://www.notre-environnement.gouv.fr/
157 gCO₂e/kWh correspond au facteur d’émission moyen de l’électricité en France selon la Base Carbone® de l’ADEME. Il n’est pas fixe et dépend de données variables selon l’année et la méthode : contenu moyen vs marginal).

Pourquoi le bilan carbone du bois est considéré comme neutre ?
Le CO₂ émis par la biomasse lors de sa combustion n'est pas pris en compte dans le calcul de son facteur d'émission.
Les 30 gCO₂e/kWh concernent exclusivement le facteur d’émission lié à l’exploitation de la biomasse et non à sa combustion. Lors de sa combustion, le bois émet bien du CO₂ à raison de 360 à 400 gCO₂e/kWh. Toutefois, tant que le stock forestier et son puit carbone sont maintenus ou augmentent, ce CO₂ ne contribue pas au réchauffement climatique au même titre que les énergies fossiles. Pourquoi ?
De manière simplifiée, pendant sa croissance l’arbre stocke le carbone contenu dans l’atmosphère dans son bois grâce à la photosynthèse. Le carbone contenu dans l’arbre est appelé carbone biogénique. Lors de la combustion ou de la décomposition naturelle, d’une plante ou du bois, ce carbone est rejeté dans l’atmosphère.
Cela illustre le cycle du carbone qui repose sur une neutralité théorique à l’échelle du cycle biologique. La neutralité n’est ni automatique ni instantanée. Le carbone rejeté sera stocké dans un autre arbre sur un temps extrêmement court (plusieurs décennies à plus d’un siècle selon les essences et les pratiques forestières).
Les énergies fossiles, elles, augmentent la concentration du carbone dans l’atmosphère car le carbone qu’elles émettent a été stocké sur un temps long dans le sol (millions d’années).
Il est important d’avoir une vision globale de l’impact du bois énergie sur la décarbonation de l’économie. Il est impératif de réduire au maximum, et le plus rapidement possible, l’utilisation des énergies fossiles afin de limiter l’aggravation du réchauffement climatique. Sous certaines conditions, le bois énergie est une solution à cet enjeu.
Il faut aussi prendre en compte que le réchauffement climatique n’est pas le seul enjeu du XXIe siècle : limites planétaires, effondrement de la biodiversité, etc.
Avec l’aggravation du réchauffement climatique, le dépérissement forestier, l’effondrement des puits carbone forestiers, les mégafeux, il est nécessaire d’avoir une vision à long terme de la forêt. Nous nous positionnons contre les dérives liées à son exploitation et nous militons pour une exploitation la plus scientifiquement durable de la forêt.
Est-ce que le facteur d'émission d'une pompe à chaleur est meilleur que celui de la biomasse ?
Selon ma méthode de calcul retenue, nous pouvons affirmer que le facteur d'émission réel d'une PAC sera sûrement supérieur à celui de la biomasse.
Le facteur d’émission d’une pompe à chaleur dépend du facteur d’émission de l’électricité utilisée.
De manière simplifiée, une pompe à chaleur multiplie des kWh d’électricité en kWh de chaleur. Nous pouvons ainsi considérer qu’une PAC divise le facteur d’émission de l’électricité par son SCOP au mieux. Pour comprendre le fonctionnement du SCOP, nous vous renvoyons à cet article.
Le facteur d’émission théorique de l’électricité cité plus haut est de 157 gCO₂e/kWh. Nous en déduisons ces facteurs d’émission :
- Une pompe à chaleur dotée d’un SCOP de 4 émettrait ≈ 39 gCO₂e/kWh
- Une pompe à chaleur dotée d’un SCOP de 5 émettrait ≈ 31 gCO₂e/kWh
- Une pompe à chaleur dotée d’un SCOP de 6 émettrait ≈ 26 gCO₂e/kWh
Autrement dit, dans cette hypothèse théorique, une pompe à chaleur dotée d’un SCOP de 4 pourra au minimum émettre 39 gCO₂e/kWh. Toutefois, plusieurs variables influencent directement les résultats :
- le SCOP réel est inférieur au SCOP nominal en conditions hivernales (plus d’explications ici).
- le facteur d’émission de l’électricité retenu n’est pas immuable
- les auxiliaires de la pompe à chaleur (dégivrage, résistances d’appoint) augmentent les émissions réelles




